L'histoire romanesque de ce prétendu comte de Solar est restée un mystère. Un enfant sourd-muet, abandonné de ses parents, en 1773, fut recueilli par l'abbé de l'Épée. Après lui avoir appris à s'exprimer dans le langage des signes, l'abbé crut reconnaître en lui l'héritier des comtes de Solar, lui fit obtenir à ce titre une pension du duc de Penthièvre, et l'engagea à faire valoir ses droits. Il y eut procès.—Un jugement du Châtelet, de 1781, donna gain de cause au jeune sourd-muet; mais sa partie adverse en appela au parlement. Le procès demeura en suspens, l'abbé de l'Épée mourut, et la révolution survint. Enfin le 24 juillet 1792, un arrêt définitif cassa le jugement du Châtelet et interdit au nommé Joseph de porter à l'avenir le nom de Solar. M. Bouilli a écrit sur ce sujet un drame en cinq actes intitulé l'Abbé de l'Épée, qui a obtenu dans son temps un succès de larmes.
Deux sous pour livre du dixième du revenu. (Note de l'auteur.)
Il ne s'agit point ici de la salle actuelle, construite par Louis XV, ou plutôt par madame de Pompadour, mais terminée seulement en 1769 et inaugurée en 1770, pour le mariage du duc de Berri (Louis XVI) avec Marie-Antoinette. Il s'agit d'une sorte de théâtre mobile qu'on transportait dans une galerie ou un appartement, selon la coutume de Louis XIV. (Note de l'auteur.)