La correspondance est pressante. Le lendemain (4 juillet 1642), le Cardinal écrit de Tarascon:
Les énigmes les plus obscures commencent à s’expliquer: le perfide public, confessant au lieu où il est, qu’il a eu de mauvais desseins contre la personne de M. le Cardinal, mais qu’il n’en a point eu que le Roy n’y ait consenti; le mal est que la liberté qu’il a eue jusques à présent de se promener deux fois le jour, fait que ce discours commence d’être bien espandu en cette province, ce qui peut faire beaucoup de mauvais effets.
Une crainte mortelle agite le Cardinal qu’on ne vienne à savoir que le Roi a été de la conjuration: il rend la prison plus sévère. Il ajoute:
Ceton, lieutenant des gardes écossaises, âgé de soixante-six ans, a laissé promener M. le Grand deux fois le jour. Il n’y a que trois jours qu’il en usoit encore ainsi, ce qui me feroit croire que les premiers ordres ont été perdus.
M. de Bouillon n’a demandé qu’un médecin et deux valets de chambre; le perfide public a six personnes qui doivent être retranchées. Autrement, il est impossible qu’il ne fasse sçavoir tout ce qu’il voudra; jamais prince n’en eut davantage.
Vous parlerez adroitement de ce que dessus, sans me mettre en jeu aucunement.
Comme il attend avec impatience un bon commissaire, il dit:
J’attends M. de Chazé, que nous essayerons par M. de Thou.—Faites-le hâter par le Rhône, car le temps nous presse, et il est nécessaire que je sois icy pour l’aider à ses interrogations, que je lui donnerai toutes digérées.
Comme il faut envenimer la plaie du cœur royal, il n’oublie pas un trait qui puisse porter: