—Eh! eh! eh! doucement, Olivier! Olivier! crièrent de toutes parts ses camarades accourant: il y a assez d’Espagnols par terre.
Et ils désarmèrent l’officier ennemi.
—Que ferons-nous de cet enragé? disait l’un.
—Je n’en voudrais pas pour mon valet de chambre, répondait l’autre.
—Il mérite d’être pendu, disait un troisième; mais, ma foi, messieurs, nous ne savons pas pendre; envoyons-le à ce bataillon de Suisses qui passe dans la plaine.
Et cet homme sombre et calme, s’enveloppant de nouveau dans son manteau, se mit en marche de lui-même, suivi d’Ambrosio, pour aller joindre le bataillon, poussé par les épaules et hâté par cinq ou six de ces jeunes fous.
Cependant la première troupe d’assiégeants, étonnée de son succès, l’avait suivi jusqu’au bout. Cinq-Mars, conseillé par le vieux Coislin, avait fait le tour du bastion, et ils virent tous deux avec chagrin qu’il était entièrement séparé de la ville, et que leur avantage ne pouvait se poursuivre. Ils revinrent donc sur la plate-forme, lentement et en causant, rejoindre de Thou et l’abbé de Gondi, qu’ils trouvèrent riant avec les jeunes chevau-légers.
—Nous avions avec nous la Religion et la Justice, messieurs, nous ne pouvions pas manquer de triompher.
—Comment donc? mais c’est qu’elles ont frappé aussi fort que nous!
Ils se turent à l’approche de Cinq-Mars, et restèrent un instant à chuchoter et à demander son nom, puis tous l’entourèrent et lui prirent la main avec transport.