—Puis-je parler à Sa Majesté des affaires du Portugal? dit-il.

—D’Espagne, par conséquent, dit Louis; le Portugal est une province d’Espagne.

—De Portugal, insista Desnoyers. Voici le manifeste que nous recevons à l’instant. Et il lut:

«Don Juan, par la grâce de Dieu, roi de Portugal, des Algarves, royaumes deçà d’Afrique, seigneur de la Guinée, conqueste, navigation et commerce de l’Esthiopie, Arabie, Perse et des Indes...»

—Qu’est-ce que tout cela? dit le Roi; qui parle donc ainsi?

—Le duc de Bragance, roi de Portugal, couronné il y a déjà une... il y a quelque temps, Sire, par un homme appelé Pinto. A peine remonté sur le trône, il tend la main à la Catalogne révoltée.

—La Catalogne se révolte aussi? Le roi Philippe IV n’a donc plus pour premier ministre le Comte-Duc?

—Au contraire, Sire, c’est parce qu’il l’a encore. Voici la déclaration des Etats-généraux catalans à Sa Majesté Catholique, contenant que tout le pays prend les armes contre ses troupes sacrilèges et excommuniées. Le roi de Portugal...

—Dites le duc de Bragance, reprit Louis; je ne reconnais pas un révolté.

—Le duc de Bragance donc, Sire, dit froidement le conseiller d’Etat, envoie à la principauté de Catalogne son neveu, D. Ignace de Mascarenas, pour s’emparer de la protection de ce pays (et de sa souveraineté peut-être, qu’il voudrait ajouter à celle qu’il vient de reconquérir). Or, les troupes de Votre Majesté sont devant Perpignan.