—Adieu, messieurs, dit de Thou: je cède la place à mademoiselle de Lenclos et à ses mousquetaires.
—Vraiment, messieurs, dit la jeune Ninon, vous faisons-nous peur? vous ai-je troublés? vous avez l’air de conspirateurs!
—Nous le sommes peut-être plus que ces messieurs tout en dansant! dit Olivier d’Entraigues qui lui donnait la main.
—Oh! votre conjuration est contre moi, monsieur le page, répondit Ninon, tout en regardant un autre chevau-léger et abandonnant à un troisième le bras qui lui restait, tandis que les autres cherchaient à se placer sur le chemin des œillades errantes; car elle promenait sur eux ses regards brillants comme la flamme légère que l’on voit courir sur l’extrémité des flambeaux qu’elle allume tour à tour.
De Thou s’esquiva sans que personne songeât à l’arrêter, et descendait le grand escalier, lorsqu’il y vit monter le petit abbé de Gondi, tout rouge, en sueur et essoufflé, qui l’arrêta brusquement avec un air animé et joyeux.
—Eh bien! Eh bien! où allez-vous donc? laissez aller les étrangers et les savants, vous êtes des nôtres. J’arrive un peu tard, mais notre belle Aspasie me pardonnera. Pourquoi donc vous en allez-vous? est-ce que tout est fini?
—Mais il paraît que oui; puisque l’on danse, la lecture est faite.
—La lecture, oui; mais les serments? dit tout bas l’abbé.
—Quels serments? dit de Thou.
—M. le Grand n’est-il pas venu?