Tout d'un coup une voix sonore, rude et pleine, cria d'en bas:

"Come, mistress Bell!"

A cet appel, Kitty se leva comme mue par un ressort; c'était la voix de son mari. Le tonnerre eût été moins fort d'éclat et ne lui eût pas causé, même en tombant, une plus violente et plus électrique commo- tion. Tout le sang se porta aux joues; elle baissa les yeux, et resta un instant debout pour se remettre.

"Come, mistress Bell!" répéta la terrible voix.

Un second coup la mit en marche, comme l'autre l'avait mise sur ses pieds. Elle descendit avec lenteur, droite, docile, avec l'air insensible, sourd et aveugle d'une ombre qui revient. Je la soutins jusqu'en bas; elle rentra dans sa boutique, se plaça les yeux baissés à son comptoir, tira une petite Bible de sa poche, l'ouvrit, commença une page, et resta sans connaissance, évanouie dans son fauteuil.

Son mari se mit à gronder, des femmes à l'entourer, les enfants à crier, les chiens à aboyer.

—Et vous? s'écria Stello en se levant avec chagrin.

—Moi? je donnai à M. Bell trois guinées, qu'il reçut avec plaisir et sang-froid et les comptant bien.

"C'est, lui dis-je, le loyer de la chambre de M. Chatterton, qui est mort.

—Oh! dit-il avec l'air satisfait.