Cela ne me déplut pas tant qu'à elle, moi. J'admirai, au contraire, ce jeu de prison, comparable aux exercices des gladiateurs. Oui, monsieur, sans prendre les choses aussi pesamment et gravement que l'antiquité, la France a autant de philosophie quelquefois. Nous sommes latinistes de père en fils pendant notre première jeunesse, et nous ne cessons de faire des stations et d'adorer devant les mêmes images où ont prié nos pères. Nous avons tous, à l'école, crié miracle sur cette étude de mourir avec grâce que faisaient les esclaves du peuple romain. Eh bien, monsieur, j'en vis faire là tout autant, sans prétention, sans apparat, en riant, en plaisantant, en disant mille mots moqueurs aux esclaves du peuple souverain.

"A vous, madame de Périgord, dit un jeune homme en habit de soie bleue rayée de blanc, voyons comment vous monterez.

—Et ce que vous montrerez, dit un autre.

—A l'amende, cria-t-on, voilà qui est trop libre et de mauvais ton.

—Mauvais ton tant qu'il vous plaira, dit l'accusé; mais le jeu n'est pas fait pour autre chose que pour voir laquelle de ces dames montera le plus décemment.

—Quel enfantillage! dit une femme fort agréable, d'environ trente ans; moi, je ne monterai pas si la chaise n'est pas mieux placée.

—Oh! oh! c'est une honte, madame de Périgord, dit une femme; la liste de nos noms porte Sabine Vériville devant le vôtre: montez en Sabine, voyons!

—Je n'en ai pas le costume, fort heureusement. Mais où mettre le pied?" dit la jeune femme embarrassée.

On rit. Chacun s'avança, chacun se baissa, chacun gesticula, montra, décrivit:

"Il y a une planche ici.—Non, là.—Haute de trois pieds.—De deux seulement.—Pas plus haute que la chaise.—Moins haute.—Vous vous trompez.—Qui vivra verra.—Au contraire, qui mourra verra."