- CRACHER, v. n. Parler.—dans l'argot des ouvriers.
- CRACHER AU BASSINET, v. n. Être forcé de payer,—dans l'argot du peuple.
- CRACHER BLANC, v. n. Avoir soif, pour s'être enivré trop la veille,—dans l'argot du peuple, qui employait cette expression du temps de Rabelais.
On dit aussi Cracher du coton et Cracher des pièces de dix sous.
- CRACHER SES DOUBLURES, v. a. Rendre ses poumons par fragments,comme font les poitrinaires. Même argot.
- CRACHER SON AME, v. a. Mourir,—dans l'argot des infirmiers, qui ne se doutent guère qu'ils emploient là une des plus énergiques expressions latines: Vomere animam, dit Lucrèce. Chrysanthus animam ebulliit, dit un des convives du festin de Trimalcion.
- CRACHER SUR QUELQUE CHOSE, v. n. En faire mépris,—dans l'argot du peuple, qui emploie plus ordinairement cette expression avec la négative: Il ne crache pas sur la vendange, c'est-à-dire il aime le vin.
- CRACHOIR, s. m. Action de bavarder,—dans le même argot.
Tenir le crachoir. Parler.
Abuser du crachoir. Abuser de la facilité qu'on a à parler et de l'indulgence des gens devant qui l'on parle.
- CRAMPER, v. n. Courir,—dans l'argot des faubouriens.
Ils disent aussi Tirer sa crampe.
- CRAMPER (Se), v. réfl. Se cramponner, au propre et au figuré,—dans le même argot.
- CRAMPON, s. m. Homme ennuyeux qui ne lâche pas sa victime et qu'on tuerait sur place,—si le Code ne punissait pas le meurtre, même dans le cas de légitime défense.
- CRÂNE, s. m. Homme audacieux,—dans l'argot du peuple.
Faire son crâne. Faire le fanfaron.
- CRÂNE, adj. Superlatif de Beau, de Fort, d'Eminent, de Bon.