- ÉTERNUER DANS DU SON, v. n. Être guillotiné,—dans l'argot des bagnes.
On dit aussi Éternuer dans le sac.
- ÉTERNUER UN NOM. Se dit,—dans l'argot du peuple, d'un nom difficile à prononcer, à cause des nombreuses consonnes sifflantes qui le composent, par exemple les noms polonais.
- ET MÈCHE! Formule de l'argot des faubouriens, employée ordinairement pour exagérer un récit: «Combien cette montre a-t-elle coûté? soixante francs?—Soixante francs, et mèche!» c'est-à-dire beaucoup plus de soixante francs.
- ÉTOILE, s. f. Cantatrice en renom, comédienne hors ligne, premier rôle d'un théâtre,—dans l'argot des coulisses, où il y a tant de nébuleuses.
- ÉTOILE DE L'HONNEUR, s. f. La croix de la Légion d'honneur,—dans l'argot des vaudevillistes, plus académiciens qu'ils ne s'en doutent.
- ÉTOILE, s. f. Bougie allumée ou non,—dans l'argot des francs-maçons.
Etoile flamboyante. Le symbole de la divinité.
- ÉTOUFFER, v. a. Cacher, faire disparaître,—dans l'argot des faubouriens.
- ÉTOUFFER UNE BOUTEILLE, v. a. La boire, la faire disparaître jusqu'à la dernière goutte,—dans l'argot du peuple.
- ÉTOUFFEUR, s. m. Libraire qui ne sait pas lancer ses livres ou qui ne veut pas lancer les livres édités par les autres libraires.
- ÉTOUFFOIR, s. m. Table d'hôte où l'on joue l'écarté,—dans l'argot des voleurs, qui savent que dans ces endroits-là on ferme tout avec soin, portes et fenêtres, de peur de surprise policière.
- ÉTOURDIR, v. n. Solliciter,—dans le même argot.
- Étourdisseur, s. m. Solliciteur.
- ÉTRANGLER UNE DETTE, v. a. L'acquitter, pour s'en débarrasser lorsqu'elle est trop criarde,—dans l'argot des bohèmes.
- ÊTRE (En), v. n. Faire partie de la corporation des non-conformistes.
- ÊTRE (En), v. n. Euphémisme de l'argot du peuple, qui est une allusion aux Insurgés de Romilly. (Voir ce mot.)
- ÊTRE (L'). Être trompé par sa femme,—dans l'argot des bourgeois, qui se plaisent à équivoquer sur ce verbe elliptique.
- ÊTRE A COUTEAUX TIRÉS AVEC QUELQU'UN. Être brouillé avec lui, ne plus le saluer ni lui parler,—dans l'argot des bourgeois.
- ÊTRE A FEU. Être en colère,—dans l'argot des faubouriens.
- ÊTRE A FOND DE CALE. N'avoir plus d'argent,—dans l'argot des ouvriers.
- ÊTRE A JEUN. Être vide,—dans l'argot des faubouriens, qui disent cela à propos des choses aussi bien qu'à propos des gens, au sujet d'un sac aussi bien qu'au sujet d'un cerveau.
Avoir la sacoche à jeun. N'avoir pas le sou.
- ÊTRE A LA BONNE, v. n. Inspirer de la sympathie, de l'intérêt de l'amour,—dans l'argot du peuple, qui a conservé là, en la modifiant un peu, une vieille expression française.
Les gens de lettres modernes ont employé cette expression à propos de M. Sainte-Beuve, et ils ont cru l'avoir inventée pour lui. «Vous ne poviez venir à heure plus opportune, nostre maistre est en ses bonnes,» dit Rabelais.
- ÊTRE A LA CAMPAGNE, v. n. Être à Saint-Lazare,—dans l'argot des filles qui rougissent d'aller en prison et ne rougissent pas d'autre chose non moins grave.
- ÊTRE A LA CHANCELLERIE. Être pris de façon à ne pouvoir se défendre,—dans l'argot des lutteurs français et anglais.
- ÊTRE A LA FÊTE, v. n. Être de bonne humeur;—dans l'argot du peuple.
- ÊTRE A LA MANQUE, v. n. Tromper quelqu'un, le trahir,—dans l'argot des voyous.
- ÊTRE A LA PAILLE (En). Être à l'agonie,—dans l'argot des faubouriens, qui font allusion à la paille que l'on étale dans la rue devant la maison où il y a un malade.
- ÊTRE A L'OMBRE, v. n. Être en prison,—dans l'argot du peuple.
- ÊTRE A PLUSIEURS AIRS, v. n. Faire ses embarras; faire ses coups à la sourdine,—dans l'argot des ouvriers.
- ÊTRE A POT ET A FEU AVEC QUELQU'UN. Avoir un commerce d'amitié, vivre familièrement avec lui.
- ÊTRE ARGENTÉ, v. n. Avoir dans la poche quelques francs disposés à danser le menuet sur le comptoir du marchand de vin.
Être désargenté. N'avoir plus un sou pour boire.