- FÉE, s. f. Maîtresse,—dans l'argot des ouvriers, qui ne savent pas dire si vrai en disant si poétiquement.
- FÉE-BOSSE, s. f. Femme vieille, laide, acariâtre. On dit aussi Fée Carabosse.
- FEIGNANT, s. et adj. Fainéant,—dans l'argot du peuple, qui parle plus correctement qu'on ne serait tenté à première vue, de le supposer, feignant venant du verbe feindre, racine de fainéantise, qu'on écrivait autrefois faintise.
Signifie aussi Poltron, lâche, et c'est alors une suprême injure,—l'ignavus de Cicéron, Barbarisme nécessaire, car fainéant ne rendrait pas du tout la même idée, parce qu'il n'a pas la même énergie et ne contient pas autant de mépris.
- FÊLER (Se), v. réfl. Donner des preuves de folie, faire des excentricités,—dans l'argot des faubouriens, qui prennent la boîte osseuse pour une faïence.
On dit aussi Avoir la tête fêlée.
- FELOUSE, s. f. Prairie,—dans l'argot des voleurs, qui ont seulement démarqué la première lettre du mot généralement employé.
- FEMELLE, s. f. Femme, épouse,—dans l'argot des ouvriers, qui se considèrent comme des mâles et non comme des hommes.
L'expression,—toujours employée péjorativement,—a des chevrons, puisqu'on la retrouve dans Clément Marot, qui, s'adressant à sa maîtresse, la petite lingère du Palais, dit:
«Incontinent, desloyalle femelle,
Que j'auray faict et escrit ton libelle,
Entre les mains le mettray d'une femme
Qui appelée est Renommée, ou Fame,