Arguche, arguce, argutie. Nous sommes bien près de l'étymologie véritable de ce mot tant controversé: nous brûlons, comme disent les enfants.
- ARGUEMINE, s. f. Main,—dans l'argot des voleurs.
- ARISTO, s. des deux g. Apocope d'Aristocrate, qui, depuis 1848, signifie Bourgeois. Réactionnaire, etc.,—dans l'argot des faubouriens, qui ne se doutent pas que ce mot signifie le meilleur, l'excellent, αριστος [grec: aristos].
Ils disent aristo pour aristocrate, comme sous la Fronde les pamphlétaires disaient Maza pour Mazarin.
- ARLEQUIN, s. m. Plat à l'usage des pauvres, et qui, composé de la desserte des tables des riches, offre une grande variété d'aliments réunis, depuis le morceau de nougat jusqu'à la tête de maquereau. C'est une sorte de carte d'échantillons culinaires.
- ARMÉE ROULANTE, s. f. La chaîne des forçats,—supprimée depuis une cinquantaine d'années.
- ARNACHE, s. m. Agent de police,—dans l'argot des voleurs.
- ARNACHE, s. f. Tromperie, trahison, dans l'argot des voyous.
A l'arnache. En trompant de toute manière.
Être à l'arnache. Être rusé, tromper les autres et ne jamais se laisser tromper par eux.
- ARNAU, s. m. Mauvaise humeur,—dans l'argot des voleurs et des faubouriens.
C'est une contraction de Renauder.
- ARNELLE, n. de l. Rouen,—dans l'argot des voleurs.
- ARNELLERIE, s. f. Rouennerie.
- ARPAGAR, n. de l. Arpajon, près Paris,—dans le même argot.
- ARPIONS, s. m. pl. Les pieds de l'homme, considérés—dans l'argot des faubouriens—comme griffes d'oiseau, à cause de leurs ongles que les gens malpropres ne coupent pas souvent.
- ARQUER (S'). Se courber en vieillissant. Argot du peuple.
- ARRACHER DU CHIENDENT, v. n. Chercher pratique, ou plutôt victime,—dans l'argot des voleurs, qui n'exercent ordinairement que dans les lieux déserts.
- ARRACHER SON COPEAU, v. a. Travailler courageusement, faire n'importe quelle besogne avec conscience. Argot des ouvriers.
- ARRÊTER LES FRAIS, v. a. Interrompre un récit; laisser une affaire en train; renoncer à poursuivre une entreprise au bout de laquelle on ne voit que de l'ennui. Argot du peuple.
- ARROSER SES GALONS, v. a. Offrir à boire à ses camarades quand on est reçu sous-officier. Argot des soldats.
- ARROSER UN CRÉANCIER, v. a. Lui donner un acompte,—dans l'argot des bohèmes, assez mauvais jardiniers.
- ARROSEUR DE VERDOUZE, s. m. Jardinier, dans l'argot des voleurs.
- ARSENAL, s. m. Arsenic,—dans le même argot.
- ARSOUILLE, s. m. Homme canaille par ses vêtements, ses mœurs, son langage. Argot du peuple.
Milord L'Arsouille. Tout homme riche qui fait des excentricités crapuleuses.