On l'appelle aussi Azor,—à cause de la peau de chien qui le recouvre.
- AS DE CARREAU, s. m. Le ruban de la Légion d'honneur,—dans l'argot des voleurs, qui font allusion à la couleur de cette décoration.
- ASINVER, v. a. Abêtir quelqu'un,—dans l'argot des voleurs, pour qui les honnêtes gens sont des sinves.
- ASPERGE MONTÉE, s. f. Personne d'une grandeur démesurée et, avec cela, maigre. Argot du peuple.
- ASPIC, s. m. Avare,—dans l'argot des voleurs.
- ASPIC, s. m. Mauvaise langue, bavard indiscret. Argot du peuple.
- ASSEOIR (S'). Tomber.
Envoyer quelqu'un s'asseoir. Le renverser, le jeter à terre. Signifie aussi se débarrasser de lui, le congédier.
- ASSISTER, v. a. Porter le pagne à un détenu,—dans l'argot des voleurs et des filles.
- ASSOCIÉE, s. f. Femme légitime. Argot des typographes.
- ASSOMMOIR, s. m. Nom d'un cabaret de Belleville, qui est devenu celui de tous les cabarets de bas étage, où le peuple boit des liquides frelatés qui le tuent,—sans remarquer l'éloquence sinistre de cette métaphore, que les voleurs russes semblent lui avoir empruntée, en la retournant pour désigner un gourdin sous le nom de vin de Champagne.
- ASTEC, s. m. Avorton, homme chétif,—dans l'argot du peuple. Adversaire méprisable,—dans l'argot des gens de lettres.
C'est un souvenir du passage à Paris, il y a quelques années, de ces petits monstres mexicains exhibés sous le nom d'Aztecs.
- ASTIC, s. f. Epée,—dans l'argot des voleurs, qui ne se doutent pas que ce mot vient de l'allemand stich, chose pointue, dont on a fait estic, puis astic, et même asti.
- ASTIC, s. m. Tripoli,—dans l'argot des troupiers, qui s'en servent avec un mélange de savon, d'eau-de-vie et de blanc d'Espagne, pour nettoyer les cuivres de leur fourniment.
D'où Aller à l'astic.
- ASTICOT, s. m. Vermicelle,—dans l'argot des faubouriens.
- ASTICOTER, v. a. Harceler quelqu'un, le contrarier, le piquer par des injures ou seulement par des épigrammes, ce qui est le forcer à un mouvement vermiculaire désagréable. Argot du peuple.
- ASTIQUER (S'), v. réfl. Se chamailler de paroles avant d'en venir aux voies de fait.
On dit aussi Astiquer quelqu'un, dans le sens d'Agacer.
- ATELIER, s. m. L'endroit où l'on se réunit—dans l'argot des francs-maçons.
- ATIGER, v. a. Blesser quelqu'un avec une arme quelconque. Argot des prisons.
- ATOUSER, v. a. Encourager quelqu'un, lui donner de l'atout. Même argot.
- ATOUT, s. m. Courage,—parce que souvent au jeu de cartes, l'atout c'est du cœur.
- ATOUT, s. m. Aplomb, acquis, assurance,—dans l'argot du peuple qui sait par expérience que les gens de cœur marchent volontiers le front haut, comme défiant les lâches.
- ATOUT, s. m. Coup plus ou moins grave que l'on reçoit en jouant—maladroitement—des poings avec quelqu'un.
- ATOUT, s. m. Estomac,—dans l'argot des voleurs.
- ATOUT, s. m. Argent, monnaie,—dans l'argot des faubouriens.