Je n'ai pas besoin de dire que l'étymologie de ce mot est geste, et que c'est par euphonie qu'on le prononce ainsi que je l'écris.
- GESSEUSE, s. m. Femme minaudière, qui fait sa sucrée—et même «sa Sophie».
- G. G. s. m. Bon sens, jugeotte.
Avoir du g.-g. N'être pas un imbécile.
- G. D. G. Phrase ironique qu'emploient fréquemment les faubouriens, qui dédaignent d'en dire plus long, affectant de n'en pas savoir davantage.
Avec ou sans g. d. g.? disent-ils souvent, à propos des moindres choses. Il est inutile d'ajouter que ce sans g. d. g. est l'abréviation de sans garantie du gouvernement.
- GIBASSE, s. f. pl. Gorge qui a peut-être promis, mais qui ne tient pas.
- GIBELOTTE DE GOUTTIÈRE, s. f. Chat de toits,—dans l'argot du peuple.
- GIBERNE, s. f. La partie du corps dont les femmes augmentent encore le volume à grand renfort de jupons et de crinolines.
Ce mot,—de l'argot des faubouriens, s'explique par la position que les soldats donnaient autrefois à leur cartouchière.
- GIBIER DE GAYENNE, s. m. Voleur, ou meurtrier,—dans l'argot du peuple.
- GIBOYER, s. m. Journaliste d'estaminet, homme de lettres à tout faire,—dans l'argot des gens de lettres, qui consacrent ainsi le souvenir de la comédie d'Emile Augier. Encore un nom d'homme devenu un type.
- GIFFE ou GIFFLE, s. f. Soufflet,—dans l'argot du peuple, qui se rappelle sans doute que ce mot signifiait autrefois joue.
- GIFFLER, v. a. Souffleter quelqu'un.
- GIGOLETTE, s. f. Jeune fille qui a jeté sa pudeur et son bonnet par-dessus les moulins, et qui fait consister son bonheur à aller jouer des gigues dans les bals publics,—surtout les bals de barrière.
Je crois avoir été un des premiers, sinon le premier, à employer ce mot, fort en usage dans le peuple depuis une quinzaine d'années. J'en ai dit ailleurs (Les Cythères parisiennes): «La gigolette est une adolescente, une muliéricule. Elle tient le milieu entre la grisette et la gandine,—moitié ouvrière et moitié fille. Ignorante comme une carpe, elle n'est pas fâchée de pouvoir babiller tout à son aise avec le gigolo, tout aussi ignorant qu'elle, sans redouter ses sourires et ses leçons.»
- GIGOLO, s. m. Male de la gigolette. C'est un adolescent, un petit homme. Il tient le milieu entre Chérubin et don Juan,—moitié nigaud et moitié greluchon. Type tout à fait moderne, que je laisse à d'autres observateurs le soin d'observer plus en détail.
- GIGOTER, v. n. Remuer les gigues; danser.
- GIGOTS, s. m. pl. Cuisses de l'homme,—dans l'argot des faubouriens, toujours contempteurs de l'humanité.
- GIGUE, s. f. Femme maigre et d'une taille élevée.