N'avoir plus d'as dans son jeu. Avoir tout perdu, famille, affection, fortune, en être réduit à mourir.
- AVOIR DES MOTS AVEC QUELQU'UN, v. a. Se fâcher avec lui.
Avoir des mots avec la Justice. Être traduit en police correctionnelle.
- AVOIR DU BEURRE SUR LA TÊTE, v. a. Avoir commis quelques méfaits plus ou moins graves,—dans l'argot des voleurs, qui ont certainement entendu citer le proverbe juif: «Si vous avez du beurre sur la tête, n'allez pas au soleil: il fond et tache.»
- AVOIR DU CHIEN DANS LE VENTRE. v. a. Être hardi, entreprenant, téméraire, fou même, comme un chien enragé. Argot du peuple.
- AVOIR DU PAIN SUR LA PLANCHE. Avoir des économies ou des rentes. Argot des bourgeois.
- AVOIR DU SABLE DANS LES YEUX. Avoir envie de dormir.
On dit aussi: Le marchand de sable a passé.
- AVOIR LAISSÉ LE POT DE CHAMBRE DANS LA COMMODE. Avoir l'haleine homicide. Argot des voyous.
- AVOIR LE BRAS LONG. Être en position de rendre des services importants, de protéger des inférieurs et même des égaux.
- AVOIR LE COMPAS DANS L'œIL, v. a. Voir juste; calculer exactement; apprécier sainement.
- AVOIR LE CASQUE, v. a. Avoir un caprice pour un homme,—dans l'argot des filles.
- AVOIR LE FRONT DANS LE COU. Être chauve comme l'Occasion,—dans l'argot des faubouriens.
- AVOIR LE POUCE ROND, v. a. Être adroit,—dans l'argot du peuple, qui a constaté depuis longtemps l'adresse avec laquelle les voleurs mettent le pouce sur la pièce d'argent qu'ils veulent voler.
- AVOIR LES CÔTES EN LONG. Être paresseux.
On dit aussi Avoir les côtes en long comme les loups, qui en effet ne peuvent pas, à cause de cela, se retourner facilement. Ne pas pouvoir se retourner, ne savoir pas se retourner, c'est la grande excuse des paresseux.
- AVOIR L'ESTOMAC DANS LES MOLLETS. Avoir très grand'faim. Argot du peuple.
On dit aussi Avoir l'estomac dans les talons.
- AVOIR L'ÉTRENNE. Être le premier à faire ou à recevoir une chose.
- AVOIR L'OREILLE DE LA COUR. Être écouté avec une faveur marquée par les juges. Argot des avocats.
- AVOIR LA PEAU TROP COURTE, v. a. Faire, en dormant, des sacrifices au dieu Crépitus,—dans l'argot du peuple, qui croit que le corps humain n'a pas une couverture de chair suffisante, et que lorsque l'hiatus de la bouche se ferme, l'hiatus opposé doit s'ouvrir, d'où l'action de crepitare.
- AVOIR MAL AU BRÉCHET, v. n. Souffrir de l'estomac. Argot du peuple.
- AVOIR MAL AUX CHEVEUX, v. n. Avoir mal à la tête, par suite d'excès bachiques. Argot des faubouriens.
- AVOIR MANGÉ DE L'OSEILLE. Être d'un abord désagréable, rébarbatif; avoir la parole aigre, être grincheux. Argot du peuple.
- AVOIR MANGÉ SES PIEDS. Puer de la bouche,—dans l'argot des faubouriens.
- AVOIR PAS INVENTÉ LE FIL A COUPER LE BEURRE (N'). Être simple d'esprit, et même niais.