Il y a gras. Il y a de l'argent à gagner.
Il n'y a pas gras. Il n'y a rien à faire là-dedans.
- GRAS, s. m. Réprimande, correction,—dans l'argot des voyous. C'est le suif des faubouriens.
- GRAS A LARD, s. et adj. Homme chargé d'embonpoint,—dans l'argot du peuple.
- GRAS-DOUBLE, s. m. Plomb volé et roulé,—par allusion à la ressemblance qu'il offre ainsi avec les tripes qu'on voit à la devanture des marchands d'abats.
Les voleurs anglais, eux, disent moos, trouvant sans doute au plomb une ressemblance avec la mousse.
- GRAS-DOUBLE, s. m. Gorge trop plantureuse,—dans l'argot des faubouriens.
L'analogie, pour être assez exacte, n'est pas trop révérencieuse; en tout cas elle est consacrée par une comédie de Desforges, connue de tout le monde, le Sourd ou l'Auberge pleine: «Je ne voudrais pas payer madame Legras—double!» dit Dasnières en parlant de l'aubergiste, femme aux robustes appas.
Castigat ridendo mores, le théâtre! C'est pour cela que les plaisanteries obscènes nous viennent de lui.
- GRAS-DOUBLIER, s. m. Plombier,—dans l'argot des voleurs.
- GRATIS, s. m. Crédit,—dans l'argot des marchands de vin.
- GRATOU, s. m. Rasoir,—dans l'argot des voleurs.
- GRATOUILLE, s. f. Gale,—dans le même argot.
- GRATOUSE, s. f. Dentelle,—dans le même argot.
- GRATTE, s. f. Dîme illicite prélevée sur une étoffe,—dans l'argot des couturières, qui en prélèvent tant et si fréquemment qu'elles arrivent à s'habiller de soie toute l'année sans dépenser un sou pour cela. C'est un vol non puni, mais très punissable.
Les tailleurs ont le même mot pour désigner la même chose,—car eux aussi ont la conscience large.
- GRATTE (La). La gale,—dans l'argot des faubouriens.
- GRATTE-CUL, s. m. Femme qui a été jolie comme une rose et n'a rien conservé de sa fraîcheur et de son parfum,—dans l'argot du peuple, qui ne sait pas que: