- HANNETON, s. m. Manie quelconque, idée fixe,—dans l'argot de Breda-Street, où les hannetons-hommes viennent d'eux-mêmes s'attacher le fil à la patte.
Avoir un hanneton dans le plafond. Être fou de quelqu'un ou de quelque chose.
Les voyous anglais ont une expression analogue: To have a bee in his bonnet (avoir une abeille dans son chapeau), disent-ils.
- HANNETONNER, v. n. Se conduire comme un enfant; avoir des distractions.
- HARAUDER, v. n. Crier après quelqu'un, le poursuivre d'injures ou de moqueries,—dans l'argot du peuple.
J'ai respecté l'orthographe dece verbe, que j'ai entendu souvent après l'avoir lu dans les Matinées du seigneur de Cholières. Mais, à vrai dire, on devrait l'écrire Haroder, puisqu'il vient de Haro. Et, à ce propos, qui se douterait que ce dernier mot, si connu, est composé de l'exclamation Ha! et du nom de Raoul, premier duc de Normandie?...
- HARDES, s. f. pl. Vêtements.
- HARDI A LA SOUPE, adj. Homme doué de plus d'appétit que de courage,—gulo.
On dit aussi dans le même sens: N'avoir de courage qu'à la soupe.
- HARENGÈRE, s. f. Femme du peuple quelconque, «un peu trop forte en gueule»—dans l'argot des bourgeoises, qui se souviennent des plaisanteries salées dont les accablaient jadis les Dames de la Halle, aujourd'hui muselées par ordonnance de police.
- HARIA, s. m. Embarras; chose ennuyeuse à faire ou à dire,—dans l'argot du peuple.
J'ai suivi pour ce mot l'orthographe de Balzac, mais je crois que c'est à tort et qu'il doit s'écrire sans H, venant probablement de l'italien aria, air,—d'où arietta, ariette, air de peu d'importance. A moins cependant que Haria ne vienne d'Hariolus, sorcier.