Marque de cé. Femme légitime d'un voleur.
Marque franche. Concubine.
- MARQUÉ, s. m. Mois,—dans le même argot.
Quart de marqué. Semaine.
- MARQUÉ (Être). S'être battu et avoir l'œil poché. Argot des faubouriens.
- MARQUÉ A LA FESSE, adj. et s. Homme méticuleux, maniaque, ennuyeux,—dans l'argot des typographes.
- MARQUÉ AU B, adj. Borgne ou bossu, ou bigle, ou boiteux, ou bavard,—dans l'argot du peuple.
- MARQUER (Ne plus), v. n. Vieillir,—dans l'argot des faubouriens.
- MARQUER AVEC UNE FOURCHETTE, v. a. Exagérer le compte d'un débiteur, en marquant 4 quand il a dépensé 1,—ainsi qu'il arrive à beaucoup de cafetiers, de restaurateurs, de tailleurs, pour se rattraper sur une bonne paye, distraite, des pertes qu'ils ont subies avec une mauvaise, plus distraite encore.
- MARQUER LE COUP, v. a. Trinquer,—dans l'argot des ouvriers.
- MARQUER LE COUP, v. a. Toucher légèrement son adversaire,—dans l'argot des professeurs d'escrime, boxe, etc.
- MARQUER SON LINGE, v. a. Embrener sa chemise ou sa culotte. Argot du peuple.
- MARQUIS D'ARGENTCOURT, s. m. Homme qui rendrait des points à Job, mais ne pourrait lui rendre que cela,—n'ayant absolument rien autre.
On dit aussi Marquis de la bourse plate.
- MARQUISE, s. f. Maîtresse,—dans l'argot des faubouriens.
- MARQUISE, s. f. Le saladier de vin blanc sucré des bourgeois,—comme le saladier de vin blanc est la marquise des ouvriers.
- MARRAINE, s. f. Témoin femelle, dans l'argot des voleurs.
- MARRON, s. m. Rapport, procès-verbal des chefs de ronde,—dans l'argot des soldats.
- MARRON, s. m. Livre imprimé clandestinement,—dans l'argot des typographes.
- MARRON (Être). Être la victime de quelque chose, être la dupe de quelqu'un,—dans l'argot des faubouriens.
Être servi ou paumé marron. Être pris sur le fait encore nanti des objets soustraits,—dans l'argot des voleurs.
Je ne crois pas qu'il faille, à propos de cette expression, remonter à Régnier, à La Fontaine et à Molière, et citer la fable de Bertrand et Raton, comme l'a fait Francisque Michel avec une vraisemblance plus apparente que réelle. Au premier abord, on songe à ces marrons que le singe fait tirer du feu par le chat, mais en y réfléchissant, on ne tarde pas à comprendre qu'il faut chercher ailleurs l'origine de cette expression. Le verbe marronner, que Francisque Michel ne cite pas, quoiqu'il soit fréquemment et depuis longtemps employé par le peuple, ce verbe est-il antérieur ou postérieur à celui qui nous occupe en ce moment? Voilà ce qu'il aurait fallu rechercher et dire, car s'il est antérieur, comme tout le fait supposer, nul doute qu'il ait donné naissance à Être marron. En outre, voilà longtemps, me semble-t-il, qu'on appelle nègre marron un nègre fugitif,—qu'on reprend toujours. Que le lecteur daigne conclure.
- MARRONNER, v. a. Maugréer, être de mauvaise humeur,—dans l'argot du peuple.