- MÊLÉ, s. m. Mélange d'eau-de-vie et de cassis, ou d'anisette et d'absinthe,—dans l'argot des faubouriens.
- MELET, te, adj. Petit, petite,—dans l'argot des voleurs.
- MÉLI-MÉLO, s. m. Confusion, mélange chaotique,—dans l'argot du peuple, qui emploie cette expression au propre et au figuré.
- MELON, s. et adj. Imbécile, nigaud.
Cette injure,—quoique le melon soit une chose exquise,—a trois mille ans de bouteille, et son parfum est le même aujourd'hui que du temps d'Homère: «Thersite se moquant des Grecs, dit Francisque Michel, les appelle πεπονες [grec: pepones].»
Il y a longtemps, en effet, que l'homme, «ce Dieu tombé», ne se souvient plus des cieux, puisqu'il y a longtemps que la moitié de l'humanité méprise et conspue l'autre moitié.
- MELON, s. m. Elève de première année,—dans l'argot des Saint-Cyriens.
- MEMBRE DE LA CARAVANE, s. m. Fille ou femme de mœurs douteuses,—dans l'argot du peuple, qui emploie une périphrase pour dire camelus.
- MENÉE, s. f. Douzaine,—dans l'argot des voleurs.
- MENER LARGE (N'en pas). Avoir peur, se faire humble et petit,—dans l'argot des faubouriens.
- MENER LES POULES PISSER. Se dit,—dans l'argot du peuple, d'un homme qui s'amuse aux menus soins du ménage et porte le jupon au lieu de porter la culotte.
L'expression date du XVIIe siècle. Dans un ballet de la cour de Gaston, duc d'Orléans, on voit Jocrisse qui mène les poules pisser. Jocrisse est là le type du genre.
- MENER PAR LE BOUT DU NEZ, v. a. Faire ce qu'on veut d'une femme, quand on est homme, d'un homme quand on est femme.
Se laisser mener par le bout du nez. Être d'une faiblesse extrême, faire la volonté des autres et non la sienne propre.
- MENER PISSER, v. a. Forcer un homme à se battre en duel. Argot des troupiers.
On ne le mène pas pisser! Une phrase de l'argot du peuple, qui l'emploie pour indiquer le caractère d'un homme qui ne fait que ce qu'il veut, et non ce que les autres veulent.
Elle se trouve dans Restif de La Bretonne.