- PROUTE, s. f. Plainte, gronderie,—dans l'argot des voleurs.
- PROUTER, v. n. Porter plainte, gronder.
- PROUTER, v. a. et n. Appeler, héler,—dans l'argot du peuple, qui crie souvent: Prout! prout!
Se dit aussi—dans le même argot—des sacrifices faits au dieu Crépitus. C'est une onomatopée.
- PROUTEUR, s. et adj. Plaignant, grondeur.
- PROUTEUR, s. et adj. Qui fait de fréquents sacrifices au dieu Crépitus.
- PRUDHOMME, s. m. Imbécile solennel dont le type a été inventé par Henry Monnier. On se rappelle et l'on cite souvent en riant, dans la conversation, cette phrase supercoquentieuse, digne du bourgeois sur les lèvres duquel elle est éclose: «Si cela peut faire votre bonheur, soyez-le.» Soyez-le pour soyez heureux! L'ellipse est un peu forte.
Un chroniqueur parisien, M. Jules Maillot, plus inconnu sous le nom de Jules Richard, s'est rendu coupable d'une phrase de la même famille: «Il ne faut pas traiter sérieusement les choses qui ne le sont pas,» a-t-il dit très sérieusement dans le Figaro du 7 décembre 1865.
- PRUNE, s. f. Balle ou boulet,—dans l'argot des soldats, qui ne se battent vraiment que pour des prunes.
Le mot a des chevrons. Un jour, Sully, accourant pour prévenir Henri IV des manœuvres de l'ennemi, le trouve en train de secouer un beau prunier de damas blanc: «Pardieu! Sire! lui cria-t-il du plus loin qu'il l'aperçut, nous venons de voir passer des gens qui semblent avoir dessein de vous préparer une collection de bien autres prunes que celles-ci, et un peu plus dures à digérer.»
On dit aussi Pruneau.
Gober la prune. Recevoir une blessure mortelle.
- PRUNE, s. f. Griserie,—dans l'argot du peuple, qui emploie cette expression depuis la création de rétablissement de la Mère Moreaux, c'est-à-dire depuis 1798.
Avoir sa prune. Être saoul.