On dit aussi: Nos sœurs du peuple, pour désigner certaines victimes cloîtrées, qui ne se plaignent pas de l'être. Au xvie siècle, on disait: Nos cousines.
Sœur se trouve, avec cette dernière acception, dans le Dictionnaire de Leroux.
- SœUR, s. f. Fille ou femme,—dans l'argot des francs-maçons.
- SœURS blanches, s. f. pl. Les dents,—dans l'argot des voleurs.
- SOIFFARD, s. m. Ivrogne,—dans l'argot des faubouriens.
On dit aussi Soiffeur.
- SOIFFER, v. n. Boire outre mesure,—sous prétexte de soif.
- SOIGNÉ, s. m. Chose de qualité supérieure, vin ou chapeau, tabac ou salade, etc.
- SOIGNÉE, s. f. Chose étonnante, difficile à croire; événement extraordinaire.
Signifie aussi elliptiquement. Correction violente,—pile donnée avec soin.
- SOIGNER, v. a. Battre quelqu'un avec un soin dont il n'est nullement reconnaissant.
- SOIGNER SES ENTRÉES. Se faire applaudir à son entrée en scène par les chevaliers du lustre. Argot des coulisses.
- SOIR, s. m. Journal du soir,—dans l'argot des gandins.
Cette ellipse est à la mode depuis quelque temps dans les cafés des boulevards.
- SOISSONNAIS, s. m. pl. Haricots,—dans l'argot des voleurs, qui savent que Soissons est la patrie de ce farineux.
- SOLDAT DU PAPE, s. m. Mauvais soldat,—dans l'argot du peuple.
- SOLDATS, s. m. pl. De l'argent,—dans l'argot des faubouriens, qui savent que l'argent est le nerf de la guerre.
Dans les Joyeuses Commères de Windsor, Shakespeare fait dire par Falstaff à Ford: Money is a good soldier, Sir, and will on. (L'argent est un bon soldat; il pousse en avant.)