- ABCÈS, s. m. Homme au visage boursouflé, au nez à bubelettes, sur lequel il semble qu'on n'oserait pas donner un coup de poing,—de peur d'une éruption purulente.
On a dit cela de Mirabeau, et on le dit tous les jours des gens dont le visage ressemble comme le sien à une tumeur.
- ABÉLARDISER, v. a. Mutiler un homme comme fut mutilé par le chanoine Fulbert le savant amant de la malheureuse Héloïse.
C'est un mot du XIIIe siècle, que quelques écrivains modernes s'imaginent avoir fabriqué; on l'écrivait alors abaylarder,—avec la même signification, bien entendu.
- ABÉQUER, v. a. Nourrir quelqu'un, lui donner la béquée,—dans l'argot du peuple, qui prend l'homme pour un oiseau.
- ABÉQUEUSE, s. f. Nourrice ou maîtresse d'hôtel.
- ABIGOTIR (S'). v. réfl. Devenir bigot, hanter assidûment les églises après avoir hanté non moins assidûment d'autres endroits,—moins respectables.
Le mot a trois ou quatre cents ans de noblesse.
- ABLOQUER ou Abloquir, v. n. Acheter,—dans l'argot des voleurs, qui n'achètent cependant presque jamais, excepté en bloc, à l'étalage des marchands.
- ABOMINER, v. a. Avoir de l'aversion pour quelque chose et de l'antipathie pour quelqu'un,—ce que dit clairement l'étymologie de ce mot: ab, hors de, et omen, d'omentum, estomac.
Expression du vieux français et des jeunes Parisiens.
- ABONNÉ AU GUIGNON (Être). Être poursuivi avec trop de régularité par la déveine. Argot des faubouriens.
- ABOULER, v. a. Donner, remettre à quelqu'un. Argot des voyous.
Signifie encore Venir, Arriver sans délai, précipitamment, comme une boule.