Le sang me brûle la peau, la fièvre me dévore. Quand donc ce supplice finira-t-il?

Même jour, soir.

Mes nerfs me font tellement souffrir que je crains de me coucher. Ce silence de tombe, sans nouvelles depuis trois mois des miens, sans rien à lire, m'écrase et m'accable.

Il me faut rassembler toutes mes forces pour résister toujours et encore, murmurer tout bas ces trois noms, mon talisman: Lucie, Pierre, Jeanne.

31 décembre 1895.

Quelle horrible nuit! Des rêves étranges, des cauchemars absurdes suivis d'abondantes transpirations.

J'ai vu arriver ce matin, aux premières heures du jour, le bateau venant de Cayenne. Depuis ce matin, je suis dans une anxiété étrange, je me demande à chaque instant si j'ai enfin des nouvelles des miens.

Et le cœur bat à se rompre, dans cette attente angoissée.