Plus rien à lire. Journées, nuits, tout se ressemble. Je n'ouvre jamais la bouche, je ne demande même plus rien. Mes conversations se bornaient à demander si le courrier était arrivé ou non? Mais on m'interdit de parler ou du moins, ce qui est la même chose, on interdit aux surveillants de répondre à des questions aussi banales, aussi insignifiantes que celles que je faisais.

Je voudrais bien vivre jusqu'au jour de la découverte de la vérité, pour hurler ma douleur, les supplices qu'on m'inflige.

3 mars, 6 heures soir.

Le courrier venant de Cayenne est arrivé ce matin à neuf heures. Ai-je des lettres?

4 mars 1896.

Pas de lettres. Quel supplice atroce, trop souvent renouvelé.

8 mars 1896.

Journées lugubres. Tout m'est interdit, le tête-à-tête perpétuel avec mes pensées.

9 mars 1896.