Voilà bien longtemps que je n'ai rien ajouté à mon journal.

Mes pensées, mes sentiments, ma tristesse sont les mêmes; mais si la faiblesse physique et cérébrale s'accentue chaque jour, ma volonté reste toujours aussi forte.

Je n'ai même pas reçu ce mois-ci les lettres de ma femme.

2 août 1896.

Enfin je viens de recevoir les courriers de mai et de juin. Toujours encore rien, peu importe. Je lutterai contre mon corps, contre mon cerveau, contre mon cœur, tant qu'il me restera ombre de forces, tant qu'on ne m'aura pas jeté dans la tombe, car je veux voir la fin de ce sinistre drame.

Je souhaite pour nous tous que ce moment ne tarde plus.

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Extraits des lettres de ma femme reçues le 2 août 1896.

Paris, 10 juin 1896.