Enfin, j'ai été avisé hier que je ne pourrai plus écrire que deux fois par semaine à ma femme. Je vous supplie de me permettre d'écrire plus souvent à cette malheureuse enfant, qui a si grand besoin d'être consolée et soutenue dans l'épouvantable situation que la fatalité nous a faite.
Justice donc, monsieur le Ministre, et du travail pour permettre à son cerveau d'attendre l'heure éclatante où son innocence sera reconnue, c'est tout ce que vous demande le plus infortuné des Français.
Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.
Alfred Dreyfus.
LETTRES
AU
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Iles du Salut, 8 juillet 1897.
A Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Président,