Je viens simplement soumettre cette horrible situation à votre haute équité, à celle du Gouvernement. Je viens simplement demander de la justice pour les miens, pour mes enfants, qui sont les premières et les plus épouvantables victimes.
Confiant dans votre haute équité, je vous demande Monsieur le Président, de vouloir bien agréer l'expression de mes sentiments dévoués et respectueux.
A. Dreyfus.
Iles du Salut, 20 décembre 1897.
Monsieur le Président,
Je me permets de venir faire un appel suprême à votre haute justice, à celle du Gouvernement.
Je déclare simplement encore que je ne suis pas l'auteur de la lettre qui m'a été imputée; j'ajoute que tout mon passé, sur lequel la lumière doit être faite aujourd'hui, que toute ma vie s'élève et proteste contre la seule pensée d'un acte aussi infâme.
Depuis le premier jour de ce terrible drame, j'attends son éclaircissement, un meilleur lendemain, la lumière.
La situation supportée ainsi depuis plus de trois ans est aussi effroyable pour ma chère femme, pour mes malheureux enfants, que pour moi. Je viens simplement remettre leur sort, le mien, entre vos mains, entre celles de M. le Ministre de la Guerre, entre les mains de M. le Ministre de la Justice, de mon pays, pour demander s'il ne serait pas possible de donner une solution, de mettre enfin un terme à cet épouvantable martyre de tant d'êtres humains.
Confiant dans votre haute équité, je vous demande de vouloir bien agréer l'expression de mes sentiments respectueux.