Jeudi 4 juillet 1895.
Je n'ai pas eu la force d'écrire ces jours-ci, tant j'ai été bouleversé, en recevant enfin, après une si longue attente, des lettres relativement récentes de ma femme, de toute ma famille; les dernières lettres reçues datent du 25 mai, on a enfin prévenu ma famille que les lettres devaient passer par la voie du Ministère.
Toujours rien; le coupable n'est pas découvert. Je souffre de toutes les tortures de ma famille, comme des miennes propres. Je ne parle même pas des mille misères de chaque jour, qui sont autant de blessures pour mon cœur ulcéré.
Mais je ne lâcherai pas pied; il faut que j'insuffle l'énergie à ma femme, je veux l'honneur de mon nom, de mes enfants.
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Voici quelques extraits des lettres que je reçus de ma femme à cette date:
Paris, 25 mars 1895.
J'espère que cette lettre te trouvera en bonne santé... J'attends de mon côté avec une très grande impatience la nouvelle de ton arrivée, elle ne peut plus tarder, car voilà bientôt trois semaines que tu es en route. Quel calvaire tu as traversé et quels moments épouvantables tu as encore à passer jusqu'à ce que nous arrivions à la vérité...
Mathieu ne peut se décider à s'absenter. Je sais combien tu l'as toujours aimé, combien tu admirais son beau caractère...