Quand cette lettre te parviendra, le jour de ta fête sera proche. Le seul souhait que je puisse formuler et qui est dans ton cœur comme il est dans le mien, c’est que j’apprenne bientôt qu’on nous rend avec notre honneur notre bonheur passé.

Ma conscience et ma raison me donnent la foi; le surnaturel n’est pas de ce monde, tout finit par se découvrir. Mais les heures d’attente sont longues et cruelles quand il s’agit d’une situation aussi épouvantable, aussi bien pour nous que pour nos familles.

Tes chères lettres du commencement de mars,—tu vois si je retarde—sont ma lecture quotidienne; j’arrive ainsi, quoique bien loin de toi, à causer avec toi. Ma pensée, d’ailleurs, ne te quitte pas, ainsi que nos chers enfants.

J’attends avec impatience des nouvelles de ta santé et de celle de nos enfants. Encore de quand dateront-elles?

Ma santé est bonne, mon cœur bat avec le tien et t’enveloppe de toute sa tendresse.

Je t’ai écrit deux longues lettres dans la dernière quinzaine de juin; je ne pourrais que me répéter toujours; aussi permets-moi de terminer en t’embrassant de toutes les forces de nos cœurs, ainsi que nos chers enfants.

Ton dévoué,

Alfred.

Baisers à tous les nôtres.