Mais tout en ce monde finit par se découvrir à force de persévérance et d’énergie; je te jure que je découvrirai le misérable qui a commis cet acte infâme.
Conserve donc tout ton courage, ma bonne chérie, et regarde le monde en face, tu en as le droit.
Remercie tout le monde de leur admirable dévouement à ma cause, embrasse pour moi nos chers enfants et toute la famille.
Mille baisers pour toi de ton dévoué,
Décembre 1894.
Ma bonne chérie,
Ta lettre que j’attendais impatiemment m’a fait éprouver un grand soulagement et en même temps m’a fait monter les larmes aux yeux en songeant à toi, ma bonne chérie.
Je ne suis pas parfait. Quel homme peut se vanter de l’être? Mais, ce que je puis assurer, c’est que j’ai toujours marché dans la voie du devoir et de l’honneur; jamais je n’ai eu de compromis avec ma conscience sur ce sujet. Aussi, si j’ai beaucoup souffert, si j’ai éprouvé le martyre le plus épouvantable qu’il soit possible d’imaginer, ai-je toujours été soutenu dans cette lutte terrible par ma conscience qui veillait droite et inflexible.