Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’assurance de mes sentiments distingués.
Lucie Dreyfus.
Paris, 14 janvier 1898.
II
Madame Dreyfus a M. G. Cavaignac
Le 16 janvier 1898.
Monsieur le député,
Vous me dites qu’un témoignage écrit des déclarations du capitaine Lebrun-Renault existe entre les mains de M. le ministre de la guerre.
Je dois à mon mari, à mes enfants, à la vérité de dissiper l’équivoque de votre réponse.
Ce témoignage écrit qui a été si subitement révélé par vous, que le ministre d’ailleurs ne produit pas, est-il ou n’est-il pas du capitaine Lebrun-Renault?
S’il n’est pas du capitaine Lebrun-Renault lui-même, il est sans valeur; c’est un mensonge à ajouter à tous ceux qu’a fait M. du Paty de Clam depuis le premier jour, quand il affirmait que mon mari, écrivant sous sa dictée, s’était mis à trembler—alors que la page écrite, ce jour-là, par mon mari ne porte aucune trace d’une émotion qui eût été cependant bien explicable—ou quand il affirmait que son crime était connu du Président de la République et des ministres—alors que M. Casimir-Perier, le général Saussier ne furent informés de son arrestation que longtemps après.