La décadence se précipite sous Louis XV. Les perruques deviennent plus basses et plus étroites; puis on les sépare en trois touffes, qui composent les cadenettes sur les côtés et la queue par derrière. Le dessin, d'ailleurs, varie à l'infini. On peut choisir entre les perruques de chasse, à nœuds, à deux queues, naissante, à la chancelière; à la Sartine, adoptée par ce magistrat; à la régence ou à bourse, portée par la valetaille.
L'Encyclopédie perruquière, que publia en 1757 l'avocat A. H. Marchand, contient une suite de quarante-cinq têtes, coiffées chacune d'une perruque de forme particulière, et distinguée par un nom spécial.
En voici la liste:
A l'ordinaire.
A la Port-Mahon.
A la rinoxerros.
A l'adorable.
A l'oiseau royal.
A la cabriolet.
A l'aile de pigeon.
A la nouvelle mode.
A l'impatient.
A l'aventure.
A la cavalière.
A la paresseuse.
A la singulière.
Au chasseur.
A l'indifférence.
A la dragonne.
A la comète.
A la Tronchin.
A la mousquetaire.
A la légère.
A la Choisy.
A la gendarme.
Au vieillard.
A la Gentilly.
A la parisienne.
Au petit-maître.
A la françoise.
A l'italienne.
A la plus tôt fait.
Au favori.
A la lunatique.
A ravir.
A l'éléphant.
A l'antiquité.
A l'économe.
Au combattant.
Au conquérant.
A la jalousie.
A la prudence.
A la royale.
A l'envieux.
A la maître-d'hôtel.
A la félicité.
A l'inconstance.
A la Beaumont.
On eut aussi l'idée de composer des perruques en laine, qui devinrent le monopole des matelots, et des perruques de fil de fer, mode économique qui permettait de laisser à ses enfants une coiffure à jamais héréditaire.
Nous voyons fleurir encore, sous Louis XVI, les perruques de palais, à oreilles, à la circonstance, brisée, à la grecque, en bonnet, à rosette, à cadogan ou catogan, gros nœud descendant sur la nuque; à la Panurge; à trois marteaux[118], qu'affectionnaient surtout les médecins et les apothicaires. Tout le monde alors portait perruque, depuis le vieillard le plus décrépit jusqu'à l'enfant à peine sevré; les nobles comme les roturiers, les bourgeois, les maîtres des métiers, les ouvriers. Le moindre laquais aurait eu honte de se montrer avec ses propres cheveux, et la condition des personnes se reconnaissait à la forme de leur perruque[119].
PERRUQUES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.
D'après l'Encyclopédie méthodique.