Si sa perruque n'est mignonnement frisée,

Si elle n'a son chef de poudre parfumé[174].

La poudre la plus recherchée était l'argentine. Mais on en faisait de toutes les couleurs, et l'engouement était si grand, que les filles pauvres, n'osant montrer leurs cheveux tels que les avait faits la nature, les «saupoudroient de poudre de bois pourri qu'on trouve parmy les vieux bastimens aux poutres et pièces de bois sur lesquels il n'a point pleu[175].» Quand un irréparable malheur venait à frapper une femme, et qu'elle prétendait renoncer, momentanément au moins, à ce que l'existence offre de plus agréable, si elle devenait veuve par exemple, elle cessait de se poudrer[176]. Ce sacrifice modifiait tout à fait l'aspect d'une toilette, car une élégante ou un petit-maître ne se bornaient pas à poudrer leur tête, les vêtements devaient participer à la distribution:

Ça qu'on lui donne son manteau,

Dont le collet sera fort beau,

Pourvu qu'il ait de la farine

Jusques au milieu de l'échine,

dit une très-curieuse mazarinade[177] que j'ai déjà citée.

Louis XIV avait une répugnance instinctive pour ces cheveux blanchis, cette vieillesse anticipée, et il ne se soumit que fort tard à une mode, inutilement maltraitée par les poëtes satiriques:

Avec plus de succès je rimeray peut-être