Ces bains se prenaient dans des baquets de bois, car la baignoire de métal est d'invention récente. Froissart rapporte[41], il est vrai, qu'en 1382, les Gantois pillant les meubles du comte de Flandre, brisèrent la «cuvelette où on l'avoit d'enfance baigné, qui étoit d'or et d'argent»; mais il s'agit évidemment ici d'une cuvette et non d'une baignoire. Isabeau de Bavière paya en 1416 treize sous pour faire «desassembler et rassembler, recingler et relier tout de neuf deux cuves à baigner» pour son usage[42]. En 1478, Jacques Cadot, menuisier, reçoit trente sous pour une «cuve à baigner» le Roi. En 1481, Mace Pignet, tonnelier, demande vingt-deux sous six deniers, «pour avoir habillé et nectoyé les cuves à baigner» Louis XI[43]. Les peignoirs ou fonds de bain se nommaient baignoères ou baignoires; ils étaient ordinairement de toile très-fine, et on employait jusqu'à douze aunes pour en faire un seul[44].
Apres ces motz sans arrester
Fit neron vng baing apprester
Et fit ens le preudomme mettre
Et puis saigner ce dit la lettre
Et tant luy fit de sang espandre
Qui luy conuint son ame rēdre
UNE BAIGNOIRE AU QUINZIÈME SIÈCLE.
Mort de Sénèque,
d'après le Roman de la rose, édit. s. d. (quinzième siècle), fo 53.