CHAPITRE XXIX
LES ZOONITES.

«Natura non facit saltus.»

(Linné.)

I

L’étude des Annélides, si ardemment poursuivie depuis le commencement de ce siècle, a déjà rendu de très-grands services à l’anatomie et à la physiologie comparées.

Ces animaux, avec leurs articles placés bout à bout, présentent une organisation des plus curieuses. On trouve généralement, dans ces articles, les mêmes organes régulièrement répétés et symétriquement associés.

Tout le monde connaît la Sangsue médicinale[162]. Cet animal est regardé comme un des types de la classe des Annélides, bien qu’il en soit un des moins brillants.

Cette Sangsue offre un corps vermiforme, atténué antérieurement, composé d’environ quatre-vingt-quinze articles. En avant et en arrière, se trouvent deux ventouses: l’une, dite orale, taillée en bec de flûte; l’autre, dite anale, en forme de soupape.

Si vous examinez la région dorsale d’une Sangsue, vous y observerez six bandes longitudinales parallèles, roussâtres, ornées de taches d’un brun foncé, de forme triangulaire ou carrée. Ces taches se répètent régulièrement de cinq en cinq anneaux.

Dans la Sangsue dragon, les bandes sont interrompues et les taches isolées; ce qui rend la disposition symétrique de ces dernières encore plus apparente.