Les parasites de la Paramécie Aurélie[32] sont tantôt sous la forme de massettes cylindriques, pourvues de quelques suçoirs assez courts et revêtues de cils natatoires; tantôt sphériques et dépouillées de leur revêtement ciliaire, mais conservant leurs suçoirs. Les premiers nagent librement dans l’eau et vont à la chasse des Paramécies. Les seconds attendent dans une immobilité complète qu’un Infusoire vienne les effleurer en passant: ils sont à l’affût. Ils s’attachent à leur victime et se laissent emporter par elle. Bientôt ils s’enfoncent dans sa chair, où ils se multiplient avec une telle rapidité, qu’il y en a quelquefois jusqu’à cinquante dans un seul individu.

VI

Un des phénomènes les plus surprenants qu’on rencontre dans l’étude des Infusoires, c’est leur désorganisation par diffluence. Cette décomposition arrive entièrement ou partiellement. Müller a vu une Kolpode pintade[33] se résoudre en molécules jusqu’à la sixième partie du corps; puis le reste se mettre à nager, comme si de rien n’était!

Les Infusoires offrent encore un autre genre de décomposition. Si l’on approche de la goutte d’eau dans laquelle ils nagent une barbe de plume trempée dans de l’ammoniaque, l’animalcule s’arrête, mais continue à mouvoir rapidement ses cils. Tout à coup, sur un point de son contour, il se fait une échancrure qui s’agrandit peu à peu, jusqu’à ce que l’animal entier soit dissous. Si l’on ajoute une goutte d’eau pure, la décomposition est brusquement enrayée, et ce qui reste de l’animalcule recommence à se mouvoir et à nager (Dujardin), toujours comme si de rien n’était!

CHAPITRE VI
LES FORAMINIFÈRES.

Siès pichoto, ségur, maï qué dé souveni!

(Aubanel.)