RADIOLAIRE POLYZOA
(Sphærozoum ovodimare Haeckel).

Vues alors à la lumière, ces gelées ne tranchent sur l’eau par aucun contour déterminé, et l’œil aperçoit à peine à leur surface quelques points clairs ou sombres. Sous un fort grossissement, ces bestioles montrent toute la délicatesse et la beauté de leur organisation. On peut voir, dans le magnifique ouvrage de M. Haeckel, la variété de forme, la bizarrerie des contours de ces légions innombrables d’infiniment petits.

M. Haeckel a distingué les Radiolaires qui vivent isolées, et qu’il appelle Monozoa, de celles qui forment des associations, sortes de colonies flottantes qui sont emportées par les courants: ces dernières sont les Polyzoa.

Les Monozoa sont très-nombreux et forment vingt-neuf genres[38].

Les Polyzoa ne comprennent que quatre genres[39].

III

Les recherches de d’Orbigny, relativement à ces organisations microscopiques, tendent à prouver que les débris des Foraminifères constituent en grande partie les bancs sous-marins qui, par leur accumulation, avec les Polypiers[40], interrompent les courses des navigateurs, comblent les ports, ferment les baies et les détroits, et donnent naissance à ces récifs et à ces îles qui s’élèvent dans les régions chaudes de l’océan Pacifique.

Ces créatures, en apparence si frêles et si imparfaites, se retrouvent sous toutes les latitudes et à toutes les profondeurs. Que sont en comparaison les nécropoles des Éléphants et des Baleines? Ne semble-t-il pas que plus l’animalcule est petit, plus sa dépouille occupe de place dans l’univers? (Blerzy.)