Le Sertularia falcata rappelle, par l’élégance de son port et la délicatesse de ses rameaux, les plus belles Mimoses. Ce Polypier fait partie aujourd’hui des Polypiers Bryozoaires.
Les petites cellules qui logent les Polypes ne sont pas toujours distribuées de la même manière. Il y en a tantôt des deux côtés, tantôt d’un seul. Quelquefois elles se groupent comme de petits tuyaux d’orgue; d’autres fois elles s’enroulent en spirale autour de la tige, ou forment çà et là des anneaux horizontaux.
III
Parmi les Polypiers Actiniaires, on a formé deux tribus d’après le nombre des tentacules de leurs animaux. Tantôt ces tentacules sont au nombre de six ou de ses multiples: ce sont les Zoanthaires; tantôt au nombre de huit: ce sont les Alcyonaires.
Les Zoanthaires comprennent les Actinies, les Zoanthes proprement dits, les Antipathes et les Madrépores.
On regarde comme intermédiaires entre les Polypiers et les Anémones de mer, dont nous traiterons plus loin[42], des Zoophytes élégants, désignés sous le nom de Zoanthes. Ces animaux sont réunis en nombre souvent considérable sur une base commune. Cette base est tantôt dilatée en large surface, tantôt vermiculée comme une racine rampante.
ZOANTHE DES MOLUQUES
(Zoantha thalassanthos Lesson).
Le Zoanthe des Moluques[43] compose de larges touffes gazonnantes sur les rochers de Corail. Ses animalcules sont assez rapprochés, et imitent, à faire illusion, un amas de fleurs épanouies. Ils sont portés par de fausses racines d’un blanc pur enlacées les unes dans les autres. Leur corps est fusiforme, rétréci et comme pédiculé à la base, tronqué au sommet, d’un rouge brun marqué de stries longitudinales plus colorées; sa consistance est ferme et parcheminée. De ce corps sort un tube étroit, musculaire, contractile, rougeâtre, terminé par huit bras allongés, d’un jaune pur au sommet et traversés par une nervure de la même couleur. Sur les côtés de ces bras naissent des pinnules fines, parallèles, d’une couleur marron clair, semblables aux barbes d’une plume.
Les bras de ce Zoanthe sont sans cesse en mouvement; ils forment dans l’eau divers petits courants, dans l’oscillation desquels sont précipités, comme dans un torrent, les animalcules dont le Polype se nourrit. Au moindre mouvement, le Zoophyte replie ses bras. (Lesson.)