Elle le vit revenir vers elle, lentement, en retournant les gants entre ses doigts avec délicatesse, puis… (Était-ce pour sentir l’odeur dont ils étaient parfumés ?) il les porta très vite à sa bouche en lui jetant un regard furtif et il s’approcha…
Diane avait saisi le geste étrange ; cependant elle ne se retourna pas et dit d’une voix tranquille, continuant la conversation du dessert :
— Vous ne voyez pas le moyen de renvoyer votre Farfadet en Bretagne sans y aller vous-même ?
— Cela serait possible ; mais, de toutes façons, il est préférable que j’y aille moi-même. J’ai plusieurs affaires à régler avec mes fermiers.
Il ajouta plus bas, avec un accent pénétré :
— Oui, cette promenade est la dernière que je fais avec vous…
Ayant pris ses gants, elle les boutonna lentement, toujours tournée vers la glace.
Elle eut l’idée d’y jeter un coup d’œil.
Elle rencontra alors le regard de Kéravan fixé sur elle avec une intense et douloureuse expression. Regret, douleur, tendresse… Il y avait tout cela ! A cette minute, Diane se sentit pénétrée de la conviction absolue qu’il l’aimait… comme elle avait longtemps désespéré d’être aimée…
Puis, une réflexion traversa son esprit :