Diane finit d’écrire les derniers mots quand la petite sœur des Anges entre sur la pointe des pieds portant très haut, avec une infinie précaution, une superbe guirlande de papier… La sœur s’approche de la cheminée où elle dispose son œuvre avec art, puis recule de deux pas pour juger de l’effet, et enfin tourne sa cornette du côté du bureau, où elle rencontre le regard de Mlle de Trivières.

— C’est joli ? mademoiselle, demande la sœur en rougissant.

— Très joli, répond Diane, retenant un sourire.

Les roses de papier luttent de couleur avec les joues de la sœur des Anges, mais c’est à leur désavantage.

— Ma sœur, dit Diane en faisant un signe, venez ici, je vais vous dire un secret.

Sœur des Anges palpite rien qu’à l’idée d’apprendre le secret, mais sa joie et son enthousiasme débordent quand elle le sait et elle s’écrie en battant des mains comme une enfant.

— Oh ! Mademoiselle, la bonne idée ! Cette fois, si l’endurcie résiste, il n’y aura plus qu’à l’abandonner à la divine Miséricorde.

— Elle ne résistera pas, ma sœur. Maintenant vous seriez bien aimable d’aller dire à la ferme qu’on attelle les poneys, je vais être en retard pour le dîner et je n’aurai pas le temps de changer de robe.

Cinq minutes plus tard, Mlle de Trivières, emportant sa lettre, franchit la distance qui la sépare du village d’abord, où elle s’arrête devant la poste, puis du château.

Elle accélère le pas vif des poneys en franchissant la grille, car elle entend résonner les premiers coups de la cloche du dîner ; elle sait qu’on attend des invités.