Elle manifesta son admiration de ce que la jeune fille avait su créer avec ses seules ressources.

Sir Richardson écoutait attentivement.

Très grand ami de la France, l’Américain s’y était fixé depuis qu’ayant cédé la direction de ses immenses affaires à son fils unique, il s’était trouvé libre de suivre ses goûts.

Depuis la guerre, il avait largement contribué aux œuvres fondées par ses compatriotes pour venir en aide à la France.

Et, sans embarras, sans faste, saisissant les occasions qui s’offraient ou les faisant naître, sir Reginald Richardson répandait l’or à pleines mains et soulageait des misères sans nombre.

L’initiative de cette belle jeune fille dont la haute taille gracieuse, les manières libres, le ferme et droit regard, lui rappelaient les façons de ses compatriotes, lui plut. Il admira la volonté, l’esprit d’organisation qui avaient su créer une œuvre avec des ressources limitées.

— Splendide fille, pensait sir Reginald en regardant Diane ; grand nom, caractère, énergie, beauté et de la race ! By Jove ! tout à fait la femme désirable pour mon Joe. Il serait fier de présenter à New-York cette fille de marquise… Attention !… Il faut voir.

Il se ménagea dans la soirée un tête à tête avec la jeune fille, sous prétexte de faire un tour au bord du bassin où les cygnes, leur long col replié sous la neige de l’aile, dormaient au clair de lune.

Sir Reginald n’était pas sensible à la beauté des cygnes ni à celle du clair de lune, mais il l’était beaucoup aux attraits de la charmante fille en robe blanche qui marchait à son côté !

Leur conversation avait pris un tour général sur les mérites respectifs des deux pays amis. Sir Richardson s’étendit aussi sur ceux de son fils.