Cette manière de mêler les affaires au sentiment était bien américaine ; le pratique et l’idéal tout ensemble.

Comme elle ne répondait pas :

— Miss Diana, ajouta sir Reginald, d’un ton moins assuré, je ne vous demande aujourd’hui que de consentir à recevoir mon fils, à l’étudier comme un « aspirant » possible à l’honneur de votre main. Quand vous le connaîtrez, j’ose espérer que votre cœur parlera pour lui.

En Amérique, nous faisons toujours des mariages d’inclination : vos sentiments seront libres, miss. Quand vous aurez vu et jugé, vous direz oui… ou non, simplement… et si c’est non, Joe reprendra le prochain paquebot… Ce sera pour lui une petite promenade qui lui donnera le plaisir de revoir la France.

Pendant que l’Américain parlait, Diane se disait :

« A quoi bon le laisser venir ? Je serai plus gênée de dire non après, surtout si ma mère s’est mis en tête de me faire faire ce mariage.

« Je sais que je dirai non… Pourquoi ? Qu’importe, je le sais !… Il vaut mieux trancher la question maintenant… »

Elle répondit avec fermeté, en plongeant son regard droit dans les yeux anxieux de sir Reginald :

— Je pense, cher monsieur, que cette petite promenade en France, qui pourrait porter préjudice aux affaires de monsieur votre fils, sera parfaitement inutile.

Je n’ai point le plaisir de connaître M. Joe, sauf par le portrait flatteur que vous m’en faites. Je suis donc bien à mon aise pour vous déclarer que je ne suis pas disposée à me marier maintenant et peut-être avant longtemps…