Diane comprit au tremblement de ses lèvres ce qu’il brûlait de dire et s’était juré de garder.
Une joie profonde l’inondait. Cet homme si fort, ce héros, ce brave, tremblait devant elle.
Elle comprenait que son amour pour elle était de ceux qui durent toute une vie…
Elle attendait, le cœur palpitant, qu’il prononçât le mot qui lierait leurs destins… Mais non, il ne le dirait point !…
Cependant, ici même, dans ce petit salon, quelque chose avouait pour lui.
Diane se dirigea vers le piano : elle prit la chanson ouverte et la présenta en souriant.
— C’est vous qui avez écrit cela ?… Oui, n’est-ce pas ? Je reconnais la date…
— Vous ne l’avez pas oubliée ?
— Non… Me permettez-vous de vous donner un conseil, monsieur de Kéravan, puisque nous nous retrouvons ce soir comme d’anciens amis ?
Relisez bien certaine lettre que Rose Perrin vous écrivait l’automne dernier ! d’oser… de vous… déclarer !