Diane réfléchit longuement au meilleur parti à prendre.
Elle se dit que le général avait été le meilleur ami de son père et avait pris devant lui l’engagement de veiller sur ses enfants. Cela, sans nul doute, impliquait aussi la grave question de leur avenir.
Autant de raisons d’avoir confiance en lui. « Il faut que je le voie, pensa-t-elle, et seul.
« Bon Ami parlera à ma mère… Ce sera lui que j’enverrai en ambassadeur… Il est bon, il ne refusera pas… » Elle sentait bien qu’Hervé n’oserait jamais agir par lui-même et que c’était elle-même qui devait préparer les voies…
« Bon Ami va être furieux, réfléchit-elle, avec un sourire moqueur ; il avait si bien comploté son petit roman avec Hubert !…
« Il va tempêter quand il apprendra que cela a tourné au profit d’un autre.
« Je laisserai passer l’orage… Quand il aura bien crié, il finira par se rendre à mes raisons.
« A nous deux, nous convaincrons ma mère que le monde et l’argent ne sont pas les seuls buts du bonheur. Le cœur doit bien aussi compter pour quelque chose ! »
Si le général d’Antivy, suprême espoir de Diane, avait pu lire cette dernière réflexion dans l’esprit de sa pupille, il eût été charmé et étonné de la trouver si bien d’accord avec ses principes.
La jeune fille passa cette soirée en tête-à-tête avec sa mère, sans rien lui dire du sentiment qui faisait luire son regard et entr’ouvrait ses lèvres dans un heureux sourire.