— C’est ce que j’essaie de faire, bon ami.

Hubert ne ment pas… et moi aussi je dis la vérité. Votre neveu n’a jamais reçu mes lettres, sauf la première, et encore… je ne l’avais pas signée de mon nom.

Le général se laissa tomber dans son fauteuil.

— Par exemple ! Voilà qui est fort !… Explique-toi, que diable ! Voilà une heure que je te le demande.

— Eh bien, bon ami, voici ce qui s’est passé.

Diane alors ouvrit tout son cœur à son vieil ami qui se demanda plus d’une fois, en l’écoutant, s’il entendait bien cette histoire romanesque sortir des lèvres de sa pupille : de la froide, pratique, insensible Diane, qu’il avait comparée naguère à une idole.

Diane lui avoua son ardent désir d’être aimée pour elle-même, malgré la question d’argent qui empoisonnait à ses yeux tous les sentiments, dans l’espoir de se faire aimer sous un nom d’emprunt.

— Très bien ! interrompit le général ; je comprends maintenant pourquoi Hubert affirme que tu ne lui as jamais écrit : il ignorait que c’était toi. Mais que vous ayez correspondu sous un nom ou sous un autre, le résultat est le même : je suis certain qu’il est tombé amoureux.

— Bon ami, je suis désolée d’accuser votre neveu, et c’est là le point le plus épineux de l’histoire, mais il est arrivé une chose à laquelle je ne pensais guère.

C’est qu’Hubert de Louvigny a fait fi de ma lettre et… qu’il l’a passée à l’un de ses amis.