— Je vous aime, Hervé. C’est pour la France que vous avez souffert. Vous serez toujours, à mes yeux, le plus noble et le plus beau. Hervé, c’est moi qui vous le demande humblement : m’aimez-vous ?

— Oui… Diane, je vous aime !

Le silence était très profond dans la petite chambre. Avant d’y entrer, le général toussa doucement, puis il s’approcha à petits pas.

Il ne savait trop, dans l’obscurité, de quel côté se tourner, quand la voix de sa pupille dit près de lui :

— Venez, bon ami, que je vous présente mon fiancé.

La guérison miraculeuse du lieutenant de Kéravan fut un étonnement pour le corps médical qui n’y comptait plus.

Les médecins l’attribuèrent à une nouvelle méthode qu’ils avaient expérimentée à cette époque. Nous croyons plus simplement que Diane et Hervé rééditèrent la jolie aventure de l’Amour médecin, ou que Dieu voulut conserver au monde une noble figure de héros.

On prétend que les Bretons ont la tête dure. Le fait est que le trépané s’en tira à peu de frais. La balafre qui lui barrait le visage n’intéressait pas directement l’œil droit. Il put bientôt l’ouvrir et y voir presque aussi bien que de l’autre. Enfin, la cicatrice elle-même, traitée par la nouvelle méthode qui fait revivre les tissus, ne servit bientôt plus qu’à parer son mâle visage et à le marquer d’un souvenir glorieux.

Il arriva un moment où Diane retrouva complètement la physionomie grave et douce, le regard profond qu’elle aimait tant.

Trois mois après sa sortie de l’hôpital, le lieutenant de Kéravan et sa jeune femme partaient pour Vauclair, où ils allaient passer leur lune de miel et célébrer la Victoire.