L’ouvrière posa son ouvrage.
Elle s’approcha du bureau où Diane préparait une enveloppe.
— Si mademoiselle veut me permettre, dit-elle, j’écrirai mon nom et mon adresse comme j’ai l’habitude.
— C’est cela. Écrivez.
Sous les yeux de la jeune fille, la main hésitante de l’ouvrière traça en grosses lettres maladroites :
Mademoiselle Rose Perrin,
183, rue de Longchamp, Paris.
Diane remarqua la maigreur de la petite main à l’index piqué d’une quantité de trous d’aiguille ; elle vit de près le cerne profond des yeux, le nez retroussé, drôlet, de l’enfant des faubourgs, pincé par la phtisie, la fraîcheur factice des joues enfantines, faites pour le rire, que la terrible maladie marquait de son sceau.
Rose finit avec un beau paraphe et dit en posant la plume :
— Ça sera drôle ! Qui sait si le monsieur va s’y laisser prendre ? C’est qu’une demoiselle comme mademoiselle, qui a de l’éducation, qui a fait toutes ses classes, doit écrire autrement qu’une petite bête comme moi qui ai quitté l’école à dix ans !
Diane eut un petit sourire.