« Je cultive les fleurs qui sont sur ma fenêtre. Quand mes résédas seront sortis, je vous en enverrai un brin, et je serai heureuse désormais de les soigner en me disant qu’ils vous porteront un peu de la pensée de votre petite amie… Elle n’a pas grand’chose à donner, mais c’est de bon cœur !… et si vous avez besoin de quelque chose, livre ou journal, qu’il soit en mon pouvoir de vous procurer, dites-le-moi tout simplement, et vous l’aurez !

« Votre nouvelle amie vous souhaite bonne chance.

« Au revoir, monsieur le lieutenant, et à bientôt une lettre.

« Rose Perrin. »

« Mademoiselle Rose Perrin,

« 183, rue de Longchamp, Paris.

« Bonjour, petite amie Rose ! Vous permettez, n’est-ce pas ? Mademoiselle est sous-entendu.

« Voulez-vous que nous laissions de côté les mots encombrants de marraine et filleul pour nous en tenir à ces appellations si douces : « Ami »… « Amie » ?

« Voulez-vous que, sans nous être vus, nous essayions de nous bien connaître et d’ébaucher une de ces amitiés entre homme et femme qui sont d’autant plus précieuses qu’elles sont rares ?

« Merci de la confiance si touchante que vous me témoignez… Je vous réponds de suite et je dois avouer que je suis déjà très enthousiaste de mon amie et correspondante. »