Elle se souvint de la réflexion de Rose, tout à l’heure, et de l’incident du dolman tombé dans le jardin.

« Un officier en convalescence arrivé la veille… au cinquième étage… »

Il devait faire partie de ceux qui n’avaient pas soldé leur loyer… Un parent de la vieille dame aveugle ou de la veuve chargée de famille qui lui avaient déjà valu une admonestation de son tuteur.

Ces gens-là ne lui occasionneraient que des ennuis ! Ils ne payaient pas leurs dettes et ils trouvaient le moyen de s’imposer aux autres !

Diane essaya de chasser de son esprit le souvenir désagréable de cet incident, mais malgré elle, il revenait sans cesse l’importuner. Elle abrégea sa promenade.

En revenant dans sa chambre, elle eut une petite impression de regret en apercevant, dans son cabinet de toilette, la place vide auprès de la fenêtre.

Rose n’était plus là…

Diane songea que, pendant plusieurs semaines, elle ne rencontrerait plus à cette même place la petite figure sympathique, toujours ébouriffée, et les beaux yeux gris au regard dévoué, levés sur elle en quête d’un sourire ou d’une parole. Mais c’était pour son bien.

Beauchamp avait garanti la guérison certaine à cette condition de longs mois d’air pur et de repos… Ainsi, la petite lingère reviendrait à la vie avec du sang neuf, régénéré.

Diane eut un petit sourire en pensant avec plaisir que c’était son œuvre ; l’intérêt qu’elle avait témoigné à cette humble fille l’avait sauvée, car, elle le savait par le médecin, sans son intervention, elle était perdue…