—Ma chère amie, M. de Saint-Baptiste affirme qu'il est le père de la petite.

—C'est parfaitement exact, mon ami, j'ai des raisons spéciales pour être fixée sur ce point.

—Alors il faut lui remettre l'enfant… Occupe-toi de ça. Je vous demande pardon de vous quitter aussi brusquement, mais une grosse affaire de fourniture de rails… À tout à l'heure, Marie… Serviteur, monsieur.

Bonjour, monsieur.

UNE BIEN BONNE

Notre cousin Rigouillard était ce qu'on appelle un drôle de corps, mais comme il avait une rondelette petite fortune, toute la famille lui faisait bonne mine, malgré sa manière excentrique de vivre.

Où l'avait-il ramassée, cette fortune, voilà ce qu'on aurait été bien embarrassé d'expliquer clairement.

Le cousin Rigouillard était parti du pays, très jeune, et il était revenu, un beau jour, avec des colis innombrables qui recelaient les objets les plus hétéroclites, autruches empaillées, pirogues canaques, porcelaines japonaises, etc.

Il avait acheté une maison avec un petit jardin, non loin de chez nous, et c'est là qu'il vieillissait tout doucement et tout gaiement, s'occupant à ranger ses innombrables collections et à faire mille plaisanteries à ses voisins et aux voisins des autres.

C'est surtout ce que lui reprochaient les gens graves du pays: un homme de cet âge-là s'amuser à d'aussi puériles facéties, est-ce raisonnable?