Son teint pétri de lis et de roses m'alla droit au cœur.
(Je supplie mes lecteurs de ne pas prendre au pied de la lettre ce pétrissage de fleurs. Un jour de l'été dernier, pour me rendre compte, j'ai pétri dans ma cuvette des lis et des roses. C'est ignoble! et si l'on rencontrait dans la rue une femme lotie de ce teint-là, on n'aurait pas assez de voitures d'ambulance urbaine pour l'envoyer à l'hôpital Saint-Louis.)
Comment ce balayeur et cette panetière s'y prirent-ils pour engendrer un objet aussi joliment délicat qu'Angéline? Mystère de la génération!
Peut-être l'Auvergnate trompa-t-elle un jour le Badois avec un peintre anglais?
(Les peintres anglais, comme chacun sait, sont réputés dans l'univers entier pour leur extrême beauté.)
Il était vraiment temps que je fisse d'Angéline ma maîtresse, car, le lendemain même, elle allait mal tourner.
Son ravissement de n'avoir plus à confectionner les chapeaux des élégantes du XIe arrondissement ne connut pas de bornes, et elle manifesta à mon égard les sentiments les plus flatteurs, sentiments que j'attribuai à mes seuls charmes.
Je n'eus rien de plus pressé (pauvre idiot) que d'exhiber ma nouvelle conquête aux yeux éblouis de mes camarades.
—Charmante! fit le chœur. Heureux coquin!
Un seul de mes amis, fils d'un richissime pharmacien d'Amsterdam, Van Deyck-Lister, crut devoir me blaguer, avec l'accent de son pays, ce qui aggravait l'offense: